Le restaurant

Depuis janvier 2018, des effluves d’origan, de thym et de romarin flottent sur la rue du Rhône pour mener jusqu’au restaurant Marjolaine, nouvelle enseigne de Philippe Chevrier.

LE LIEU

Le 49 Rhône (anciennement Bavaria depuis 1912), est une adresse mythique genevoise dont le décor classé, nous replonge dans l’ambiance des grandes brasseries ou trattorias du début du XXème siècle.

 

 

C’est dans ce cadre majestueux, orné de vieilles affiches, de boiseries de chêne et de hauts plafonds, que Philippe Chevrier a souhaité redonner vie au restaurant en lui insufflant une cuisine du soleil, aux accents méditerranéens.

L’HISTOIRE

1912, Adolphe Neiger ouvre une brasserie spécialisée dans le débit de bières allemandes, ce qui explique son nom, la Bavaria. Cet établissement, populaire et décoré dans un style folklorique évoquant les « bierstube » germaniques, allait connaître un destin tout à fait particulier. En effet, la Société des Nations, qui s’installe en 1919 à Genève, reçoit ses assemblées rue du Rhône, au n°65.

Très vite la Bavaria, devient la buvette, le « stamm » des délégués du monde entier. C’est durant cette période que les caricaturistes d’origine hongroise, Derso et Kelen, tirent le portrait des célébrités du monde diplomatique qui fréquentent l’endroit, notamment Aristide Brilland : dessins qui resteront accrochés aux murs de la brasserie jusqu’en 1982. En 1942, le propriétaire décide de transformer le décor avec l’architecte Jean Falciola et l’ensemblier Louis Amiguet, en créant les hautes boiseries de chêne, entrecoupées de miroirs, les plafonds à caissons boisés et le mobilier du restaurant.

En 1982, lorsque la Bavaria devient le Relais de l’Entrecôte, tout cet ensemble est soigneusement maintenu. Durant la deuxième décennie du XXIe siècle, un recensement des anciens cafés et restaurants du canton, mené par l’Office du patrimoine et des sites, identifie les qualités de ce décor. Une décision de classement est donc prise par les autorités compétentes qui, bien que contestée jusqu’au Tribunal fédéral, aboutit en 2012.

Ainsi, un siècle exactement après sa création, l’ancienne brasserie est classée, devenant de ce fait le premier établissement public du canton à bénéficier de cette mesure de protection patrimoniale. Les récents travaux de rafraichissements ont permis de conserver et de mettre en valeur les éléments intéressants. Isabelle Brunier, historienne, OPS, 10.3.2015